Empowerment : Le pouvoir des malades

 

 

 

L’empowerment est une notion fondamentale en promotion de la santé, mais méconnue. C’est l’accroissement du pouvoir d’agir, la capacité à piloter sa propre vie. Par l’empowerment, le patient va acquérir l’autonomie lui permettant de mieux maîtriser son destin.

 

L'empowerment doit permettre à la personne concernée de jouer un rôle actif plutôt que passif : Le malade (et son entourage s'il le souhaite) est  au centre des décisions. Tout cela permet ainsi aux personnes de s’approprier le pouvoir sur leur vie ! Que l’espoir et le rêve soient au centre de tout traitement et que ce dernier soit axé vers une amélioration de la santé globale.


L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit ainsi l'empowerment : « fait référence au niveau de choix, de décision, d’influence et de contrôle que les usagers des services de santé mentale peuvent exercer sur les événements de leur vie (…) La clé de l’empowerment se trouve dans la transformation des rapports de force et des relations de pouvoir entre les individus, les groupes, les services et les gouvernements ».

 

L'empowerment, centré sur les capacités des individus (mais aussi des communautés), permet de dépasser le rôle d’assistance dans les pratiques médicales et sociales. Il constitue un glissement d'une approche paternaliste et stigmatisante : « faire pour »  vers une dynamique émancipatrice et valorisante : le « faire avec » .

 

 

Le patient a des droits

 

 

La loi sur les droits du patient du 6 octobre 2002 précise que tout citoyen a droit à une information claire et précise au sujet de sa santé et des soins qu’il reçoit, il peut consulter son dossier médical, il peut choisir librement le prestataire de soins, donner ou non son accord pour une intervention médicale, il a le droit de porter plainte.

 

Enfin, cette loi rappelle la protection de la vie privée : aucune information ne peut être divulguée sans le consentement de la personne. Rappelons que le code de déontologie exige que les prestataires de soins médicaux, les paramédicaux, les psychologues peuvent partager le secret professionnel avec d’autres professionnels tenus elles-mêmes par le secret professionnel. Cependant cela ne peut se faire que dans l’intérêt du patient. Or on constateque beaucoup d'informations parfois d'ordre privé sont partagés au sein des équipes médicales et soignantes Est-ce bien dans l’intérêt du patient ?  ces informations sont-elles utiles à l’un et à l’autre ?  

Les professionnels ont le sentiment d’agir « pour le bien des patients », or ces « détails » sont importants quand on est confronté aux réalités de la vie en institution. 

Être en capacité de négocier son traitement

 

 

Les médicaments, leur prescription ne constitue pas, loin s ‘en faut, une « science exacte », une évidence. Les médicaments (ou less interventions) sont des choix qui peuvent être modulés en fonction de l’effet souhaité, des inconvénients, de ce qu’on peut ou pas supporter, de la façon dont on vit le médicament et ses effets secondaires. Il y a un savoir partagé.

 

S’informer, comprendre, connaître les termes utilisés, les effets secondaires, pouvoir faire la part des choses et distinguer ce qui relève de la maladie que l’on a des effets secondaires des médicaments est important et permet de juger, de décider.

 

Ainsi, par exemple, si un médicament destiné à diminuer les hallucinations auditives a comme effet secondaire de rendre impuissant, il n’y a que la personne elle-même qui peut, entre deux maux, choisir celui qu’elle préfère et son choix peut varier dans le temps... 

Empowerment et compliance

 

 

Il ne faut pas confondre « empowerment » et « compliance » ou « observance » :

Ces derniers termes sont utilisés dans la pratique pharmaceutique (ou plus globalement dans le domaine médical) pour mesurer si un patient donné respecte la posologie de ses médicaments, ou pour savoir si un patient prend bel et bien ses médicaments.

 

L'observance est un élément clé du succès d'une thérapie médicamenteuse; si la prise rigoureuse des médicaments selon leur horaire établi n'est pas respectée, on parlera alors de non-observance, une condition qui peut faire échouer le traitement médicamenteux et mettre en danger la santé d'un patient.

 

Ce concept s’est étendu au respect des prescrits de prévention et le glissement se fait de plus en plus couramment entre empowerment et observance, dénaturant la notion d’empowerment pour en faire un paramètre de l’obéissance, pour dire aux patients comment, pour leur bien ils doivent se comporter. 

 

L'empowerment a pour but d'aider le patient à faire ses choix de facon éclairée, pas à suivre systématiquement et aveuglément les consignes de son médecin.

 

En outre poser des questions, mieux comprendre sa maladie, permet de stimuler l'adhésion au traitement, une fois le patient convaincu de son intérêt

sante-participative.org

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